Remise du prix « ANALGÉSIA – Dômes Pharma : douleur et santé animale »

Le jeudi 16 janvier était dévoilé le nom des lauréats du 1er appel à projet « ANALGÉSIA – Dômes Pharma : douleur et santé animale » lancé en juin 2019. Le projet retenu est un projet d’étude Franco-brésilien qui porte sur l’évaluation des différentes méthodes de physiothérapie pour le soulagement immédiat des douleurs myofasciales chez le chien. À l’initiative de Denise Tabacchi Fantoni, du département de chirurgie vétérinaire de l’université de São Paulo (Brésil), et de Maira Rezende Formenton, doctorante, les travaux pratiques de l’étude seront menés par l’équipe de Karine Portier de VetAgro Sup Lyon auprès de chiens atteints d’arthrose présentés en consultation au Centre Hospitalier Universitaire Vétérinaire (CHUV).

Karine Portier, présente lors de la soirée organisée à Vetagro Sup Lyon, et ses deux co-lauréates qui assistaient à l’événement en visio-conférence de São Paulo, se sont vu remettre un chèque de 18 000€ par Anne Chauder, présidente du Groupe Dômes Pharma.  En s’associant à l’Institut ANALGÉSIA, l’objectif du Groupe est d’agir pour que la connaissance, la prise en compte et le traitement de la douleur animale puissent bénéficier des dernières avancées de la recherche. Le prix « ANALGÉSIA – Dômes Pharma : douleur et santé animale » sera remis chaque année pendant 5 ans.

L’objectif principal de l’étude MPSAH (pour Myofascial Pain Syndrome dog human patients) lauréate de cette première édition est de cartographier les points trigger chez le chien arthritique en utilisant différents outils diagnostiques qui seront ensuite comparés. Le second objectif est de comparer la cartographie et les caractéristiques du SPM chez l’homme et le chien. Le troisième objectif est d’utiliser les résultats de cette étude pour réaliser une thèse d’exercice vétérinaire (DMV) sur les techniques de reconnaissance de la douleur chez l’animal (e-learning).

Le prix a été remis par ANALGESIA et DÔMES PHARMA à l’issue d’un Symposium sur la douleur animale au cours duquel sont intervenus le Professeur Alain ESCHALIER, Président de l’Institut ANALGÉSIA, Thierry POITTE, vétérinaire, membre du jury et fondateur du Réseau CAPDouleur et Norin CHAI, vétérinaire en chef du zoo du Jardin des Plantes.

La douleur : notion complexe et prise en charge en pleine évolution

La notion même de douleur est complexe de par le caractère subjectif de son expression et de son évaluation. Lorsqu’elle devient chronique, cette douleur est considérée comme une pathologie à part entière qui implique une dimension psychologique importante. Alors que 43% des consultations chez le médecin ont pour origine une douleur, le Professeur Alain ESCHALIER a rappelé que les innovations thérapeutiques dans le domaine ont été très rares au cours des 100 dernières années. Les antalgiques à la disposition des soignants sont composés de molécules assez anciennes dont l’efficacité est très partielle et les effets indésirables bien présents. D’où la nécessité de relancer la recherche sur la douleur et de l’aborder avec une approche nouvelle qui part du patient et de son ressenti. On ne peut se contenter d’associer un traitement à une pathologie, seule l’évaluation des résultats et la participation active du patient permet de valider ce qui fonctionne ou non dépendamment de l’individu, de son environnement, de son état émotionnel, de son histoire médicale, etc. Les applications et dispositifs connectés sont d’une aide précieuse dans cette approche individualisée du traitement de la douleur chronique.

La prise en charge de l’animal douloureux

Ce qui est vrai pour l’homme l’est plus encore pour l’Animal qui ne peut exprimer cette douleur et qui va même, en fonction des espèces, chercher à la dissimuler. Pour Thierry Poitte également, la douleur ne doit pas être soignée comme un symptôme mais plutôt comme une maladie à part entière et l’animal douloureux considéré avec ses particularités anatomiques, émotionnelles et cognitives, dans un environnement spécifique. Pour obtenir des résultats sur la douleur il est nécessaire d’impliquer le propriétaire dans l’évaluation du ressenti de l’animal et l’amélioration obtenue par les traitements. C’est ce que le réseau CAPdouleur réalise avec des applications qui permettent de recueillir quotidiennement les observations du propriétaire à partir d’indicateurs choisis en fonction de l’animal (attitude, expressions faciales, appétit…). Les dispositifs connectés, comme les colliers, et les consultations à distances par vidéo viennent compléter le dispositif pour une véritable approche individualisée.

Approche historique et morale

Enfin, Norin Chai a retracé l’histoire de la prise en compte de la douleur animale de l’antiquité à nos jours et de sa dimension morale et éthique. Car la douleur animale, contrairement à la douleur humaine, a une histoire. Elle a évolué en même temps que notre relation avec l’animal que l’on a considéré un temps comme une machine sans âme pour l’accepter aujourd’hui comme un être sensible et conscient. Au-delà de la douleur, la notion de bien-être animal est un sujet relativement nouveau mais qui prend une place centrale dans la société. Il s’agit d’abord d’être en mesure de l’évaluer et de déterminer ce qui constitue un état de bien-être pour l’animal, qu’il soit un animal sauvage, un animal d’élevage ou un animal de compagnie. Après des siècles d’indifférence, il ne faudrait pas tomber maintenant dans l’excès inverse en confondant et en extrapolant nos propres douleurs et souffrances aux leurs.

Le modèle de la pyramide de Maslow peut permettre d’évaluer le bien-être animal en prenant en compte les besoins biologiques (physiologiques et « de survie »), les besoins de sécurité, les besoins sociaux (les interactions avec ses congénères et les autres espèces), et les besoins individuels, propres à chaque individu en fonction de l’espèce, de son développement et de son caractère. Bien-être n’est pas synonyme de santé. En effet, la santé est un aspect très important du bien-être, mais le concept de bien-être est plus large et inclut d’autres aspects. L’incapacité de l’animal à s’adapter à son environnement par exemple est cause de souffrance. C’est pourquoi les animaux devraient être élevés dans un environnement permettant l’expression de tels comportements.

 

Le Groupe Dômes Pharma prend une participation dans le Laboratoire StemT, spécialiste en thérapie cellulaire vétérinaire

Le groupe Dômes Pharma, acteur historique en santé animale, annonce une prise de participation au capital de StemT, start-up française spécialisée en cellules souches vétérinaires.

Fondée et présidée depuis 2015 par Thibault Lataillade, StemT est un laboratoire français de biotechnologie spécialisé en thérapie cellulaire vétérinaire pour chevaux, chiens et chats. StemT s’est donné pour mission de démocratiser l’usage des cellules souches vétérinaires et de proposer des traitements innovants et accessibles pour les pathologies inflammatoires, orthopédiques et dysimmunitaires. Le Laboratoire entretient de nombreux partenariats scientifiques avec la recherche universitaire française et notamment les Ecoles Vétérinaire ENV-Alfort et VetAgro Sup, l’INSERM et l’Université Paris 13.

Comme le Groupe Dômes Pharma, StemT est une entreprise familiale qui réalise l’ensemble de sa R&D et de sa production en France. Des points communs qui ont fini de convaincre Anne Chauder, présidente du Groupe, d’investir dans cette jeune pousse : « Cette décision confirme la volonté du groupe Dômes Pharma d’êtes partie prenante dans la recherche de thérapies innovantes pour les domaines sur lesquelles notre filiale le Laboratoire TVM est historiquement novateur, comme l’ophtalmologie ou la neurologie. Les cellules souches ouvrent d’innombrables possibilités thérapeutiques et de nombreux espoirs pour soigner des maladies jusque-là incurables. Nous sommes fiers d’apporter notre soutien aux recherches de l’équipes de StemT et nous associer aux progrès qui seront réalisés dans les prochaines années.»

Cellules souches : une thérapie d’avenir
La thérapie cellulaire, qui consiste à injecter chez le malade des cellules souches (stem cells) pour favoriser le maintien et la restauration de l’activité d’un tissu ou d’un organe, offre un formidable espoir pour les pathologies à composante inflammatoire et dégénératives. Pour les humains, l’utilisation de cellules souches fait l’objet de nombreux programmes d’essai pour traiter des pathologies variées telles que la maladie de Parkinson, la DNLA, certains types de cancers, etc. Plusieurs centaines de projets impliquant ce genre de thérapies sont en cours dans le monde.

La santé animale fonde également beaucoup d’espoirs dans les thérapies cellulaires. Aux Etats-Unis, plusieurs milliers de chiens bénéficient déjà de thérapies cellulaires dans le traitement de l’arthrose, technique également utilisée depuis longtemps déjà pour les chevaux au Royaume-Uni. Les applications possibles sont là aussi innombrables et StemT déploie des thérapies dans d’autres domaines comme la stomatite caudale du chat, qui dégrade la bouche de l’animal et peut mener à l’euthanasie ou le traitement de la maladie inflammatoire chronique de l’intestin du chien – l’équivalent de la maladie de Crohn.